On rappelle ici les définitions et propriétés des principales fonctions trigonométriques.
Pour commencer, rappelons d’abord comment sont mesurés les angles dans le plan.
II.4.1 Sur la mesure des angles
La mesure des angles se fait par un choix d’unités, et ce choix est déterminé une fois que l’on fixe la valeur de la mesure de l’angle total (ouverture correspondant à “un tour complet”).
La mesure en degrés consiste à associer à l’angle total une mesure de 360 degrés, les autres angles étant mesurés de façon proportionnelle:
La mesure en radians est plus naturelle d’un point de vue géométrique, puisqu’elle consiste à mesurer une longueur le long d’un arc de cercle. Si la longueur parcourue est égale au rayon, ceci définit un angle de un radian:
Animation explicative
L’angle total correspond donc à la longueur de la circonférence d’un cercle de rayon 1, à savoir 2π. Quelques angles intermédiaires:
Soit un angle donné, dont la mesure en degrés est αd et celle en radians est αr. Puisque 360αd=2παr, on a la formule de conversion: αd=π180αr.
Donnons en passant l’expression de l’aire A d’un secteur circulaire de rayon r, dont l’ouverture est un angle de θ radians:
Animation explicative
Dans le cas où l’angle est total θ=2π, ce secteur est un disque, et donc son aire est égale à πr2. Or pour un secteur quelconque, la proportionnalité existant entre l’angle θ et l’angle total doit être la même que la proportionnalité existant entre l’aire A du secteur et celle du disque: 2πθ=πr2A. On a donc A=21r2θ
II.4.2 Définitions des fonctions trigonométriques
Considérons un triangle rectangle, et distinguons un de ses angles non droit, que l’on notera α:
Le côté a est le cathète adjacent àα, le côté b est le cathète opposé àα, et c est l’hypothénuse.
Pour l’instant, α∈]0,2π[. On associe trois nombres à α, représentant chacun un rapport entre une paire de côtés:
Définition II.6.
Le sinus deα est défini parsin(α):=cb.
Le cosinus deα est défini parcos(α):=ca.
La tangente deα est définie partan(α):=ab.
Remarquons que l’on a toujours tan(α)=ab=a/cb/c=cos(α)sin(α).
Animation explicative
Il est important de souligner que les nombres sin(α), cos(α), tan(α) sont définis comme étant des proportions dans le rectangle considéré; ils ne dépendant donc pas du choix particulier fait pour le rectangle. N’importe quel autre triangle semblable peut être utilisé:
II.4.3 Valeurs remarquables
Si les nombres sin(α),cos(α),tan(α) sont géométriquement bien définis, il est en général difficile de les calculer exactement.
Il existe pourtant certains angles, appelés remarquables, qui sont des parties rationnelles de 2π, pour lesquels ces nombres peuvent être calculés exactement. Commençons par les plus simples.
Considérons α=4π, que l’on peut représenter dans un triangle rectangle dont les deux cathètes sont de longueurs 1, ce qui implique que son hypothénuse a pour longueur 12+12=2:
On a donc directement: sin(4π)cos(4π)tan(4π)=21=22=21=22=11=1.
Considérons ensuite α=3π, que l’on peut représenter comme un triangle rectangle égale à une moitié d’un triangle équilatéral de côté 1 (dont les trois angles sont égaux à 3π):
Par Pythagore, le cathète opposé a longueur l=12−()122=23. On en déduit: sin(3π)cos(3π)tan(3π)=13/2=23=11/2=21=1/23/2=3. Remarquons que l’autre angle non-droit de ce triangle vaut 6π, et donc on a aussi sin(6π)cos(6π)tan(6π)=11/2=21=13/2=23=3/21/2=31.
II.4.4 Cercle trigonométrique et extension à tout R
Nous l’avons dit plus haut, ce qui définit les fonctions trigonométriques sont des proportions (ici: des quotients de longueurs); elles ne dépendent pas du triangle utilisé pour les définir. On peut donc choisir de toujours les définir à partir d’un triangle dont l’hypothénuse est de longueur égale à 1. Or un triangle dont l’hypothénuse est de longueur 1 peut être placé dans le plan cartésien, avec l’angle à l’origine, le cathète adjacent le long de l’axe Ox. Son sommet , noté P sur l’image ci-dessous, est donc placé sur le cercle de rayon 1 centré à l’origine, appelé cercle trigonométrique. Les trois nombres sin(α), cos(α) et tan(α) peuvent alors être vus comme des longueurs (sur l’animation, faire varier α en déplaçant P):
Animation explicative
L’utilisation du cercle trigonométrique permet de généraliser naturellement ces fonctions, en les définissant pour un angle quelconque α∈R (à part la tangente, définie pour tout angle qui n’est pas de la forme 2π+kπ, k∈Z).
II.4.5 Graphes
Graphe de la fonction sin:R→[−1,1]:
Graphe de la fonction cos:R→[−1,1]:
Graphe de la fonction tan:R∖{2π+kπ,k∈Z}→R:
II.4.6 Propriétés
La définition géométrique des fonctions trigonométriques (sur le cercle trigonométrique) permet d’obtenir facilement leurs principales propriétés élémentaires.
Par exemple, sous la transformation α↦α+2π, ces fonctions sont inchangées: sin(α+2π)=sin(α),cos(α+2π)=cos(α). On a par contre que tan(α+π)=tan(α), on dit que la tangente est périodique, de périodeπ.
Ensuite, sous la transformation α↦α+π, sin(α+π)cos(α+π)tan(α+π)=−sin(α)=−cos(α)=tan(α), et sous α↦α+2π, sin(α+2π)cos(α+2π)tan(α+2π)=cos(α)=−sin(α)=tan(α)−1.
Sous la transformation α↦2π−α: sin(2π−α)cos(2π−α)tan(2π−α)=cos(α)=sin(α)=tan(α)1. Enfin, sin(−α)cos(−α)tan(−α)=−sin(α)=cos(α)=−tan(α)
II.4.7 Identités trigonométriques
Par le Théorème de Pythagore (dans le cercle trigonométrique), on obtient l’identité fondamentale
sin2(α)+cos2(α)=1.
Passons aux identités fondamentales concernant les sommes d’angles:
Théorème II.1.
Pour tous α,β∈R, sin(α+β)cos(α+β)tan(α+β)=sin(α)cos(β)+sin(β)cos(α)=cos(α)cos(β)−sin(α)sin(β)=1−tan(α)tan(β)tan(α)+tan(β).
Proof
Pour simplifier, supposons que 0<α,β<4π, et plaçons l’angle α+β sur le cercle trigonométrique:
(Remarquons que l’angle α se retrouve en A, puisque AE⊥OD et AC⊥OC.) Avec les points représentés sur cette image, sin(α+β)=AC=AB+BC. On remarque que
Dans le triangle OAE, où E est le projeté orthogonal de A sur OD, OE=cos(β), AE=sin(β).
Dans le triangle ABE, AE=ABcos(α), BE=ABsin(α).
Dans le triangle OBC, BC=OBsin(α).
On a donc: sin(α+β)=AB+BC=AB+OBsin(α)=AB+(OE−BE)sin(α)=AB+(cos(β)−ABsin(α))sin(α)=AB(1−sin2(α))+sin(α)cos(β)=ABcos2(α)+sin(α)cos(β). Mais puisque AB=cos(α)AE=cos(α)sin(β), on a bien que sin(α+β)=cos(α)sin(β)cos2(α)+sin(α)cos(β)=sin(β)cos(α)+sin(α)cos(β), ce qui démontre la première identité. Pour la deuxième, on peut utiliser sin(θ+2π)=cos(θ) et la première identité, en écrivant cos(α+β)=sin((α+β)+2π)=sin(α+(β+2π))=sin(α)cos(β+2π)+sin(β+2π)cos(α)=sin(α)(−sin(β))+cos(β)cos(α)=cos(α)cos(β)−sin(α)sin(β). La troisième identité découle des deux premières puisque tan(α+β)=cos(α+β)sin(α+β)=cos(α)cos(β)−sin(α)sin(β)sin(α)cos(β)+sin(β)cos(α)=cos(α)cos(β)(1−cos(α)sin(α)cos(β)sin(β))cos(α)cos(β)(cos(α)sin(α)+cos(β)sin(β))=1−tan(α)tan(β)tan(α)+tan(β).
□
Comme conséquence, des formules très utiles dans la pratique:
Corollaire II.1.
Pour tout α∈R, sin(2α)cos(2α)tan(2α)=2sin(α)cos(α)=cos2(α)−sin2(α)=2cos2(α)−1=1−2sin2(α)=1−tan2(α)2tan(α)
Les formules ci-dessus permettent de trouver des formules exactes pour des angles plus compliqués que les quelques angles remarquables mentionnés plus haut. En effet, si on sait par exemple que cos(2α)⩾0, et qu’on connaît cos(α), on peut utiliser la formule ci-dessus comme suit: cos(2α)=+21+cos(α).
Exemple II.16.
Puisque 0<8π<2π, on a cos(8π)>0, et donc en posant α=4π, cos(8π)=cos(2α)=21+cos(α)=21+22=22+2, et donc sin(8π)=+1−cos2(8π)=22−2,tan(8π)=2+22−2.
L’exemple ci-dessus montre que l’on peut, a priori, calculer les valeurs exactes des fonctions trigonométriques pour tous les angles de la forme 2nπ.
Corollaire II.2.
Pour tous x,y∈R, sin(x)+sin(y)sin(x)−sin(y)cos(x)+cos(y)cos(x)−cos(y)=2sin(2x+y)cos(2x−y)=2sin(2x−y)cos(2x+y)=2cos(2x+y)cos(2x−y)=−2sin(2x+y)sin(2x−y)
Proof
Montrons la première identité. En utilisant la formule du dessus, on développe les termes du membre de droite, sin(2x+y)cos(2x−y)=sin(2x)cos(2y)+cos(2x)sin(2y)=cos(2x)cos(2y)−sin(2x)sin(−2y)=cos(2x)cos(2y)+sin(2x)sin(2y). En multipliant ces deux lignes, une simplification mène à sin(2x+y)cos(2x−y)=sin(2x)cos(2x)+sin(2y)cos(2y)=21sin(x)+21sin(y).