On définit ici les fonctions trigonométriques hyperboliques. Même si ces fonctions seront définies uniquement à partir de l’exponentielle, leurs propriétés rappelleront clairement celles des fonctions trigonométriques de base. En fin de section, on fera quelques commentaires sur l’origine du terme “hyperbolique”.
Définition 14.7.
Soit x∈R.
Le sinus hyperbolique de x est défini parsinh(x):=2ex−e−x.
Le cosinus hyperbolique de x est défini parcosh(x):=2ex+e−x.
La tangente hyperbolique de x est définie partanh(x):=ex+e−xex−e−x.
Remarquons que
cosh(x) est paire, que cosh(x)⩾1 pour tout x∈R .
sinh(x) et tanh(x) sont impaires, et positives si x>0, négatives si x<0.
On a vu ici que toute fonction peut se décomposer en une somme d’une fonction paire et d’une fonction impaire. En appliquant ce résultat à la fonction f(x)=ex, on obtient précisémentex=cosh(x)+sinh(x).
On peut voir la tangente hyperbolique comme étant définie par tanh(x)=cosh(x)sinh(x). Un simple calcul mène à cosh(x)2−sinh(x)2=1, qui entraîne 1−tanh2(x)=cosh2(x)1.
14.3.1 Dérivées
Puisque ex est dérivable, les fonctions hyperboliques sont dérivables (et continues) sur R. De plus, (sinh(x))′(cosh(x))′(tanh(x))′=cosh(x)=sinh(x)=1−tanh2(x)=cosh2(x)1 Par conséquent, sinh(x) est strictement croissante,
cosh(x) est décroissante sur ]−∞,0], croissante sur [0,+∞[,
et tanh(x) est strictement croissante:
14.3.2 Propriétés
Théorème 14.8.
Pour tous x,y∈R, sinh(x+y)cosh(x+y)tanh(x+y)=sinh(x)cosh(y)+cosh(x)sinh(y)=cosh(x)cosh(y)+sinh(x)sinh(y)=1+tanh(x)tanh(y)tanh(x)+tanh(y)
Proof
(exercice)
□
En prenant y=x, on a les formules sinh(2x)cosh(2x)tanh(2x)=2sinh(x)cosh(x),=2cosh2(x)−1=1+2sinh2(x)=1+tanh2(x)2tanh(x)
14.3.3 Réciproques
Comme sinh:R→R est strictement croissante, continue, et puisque x→−∞limsinh(x)=−∞,x→+∞limsinh(x)=+∞, on en déduit qu’elle est bijective.
Sa réciproque se note À l’aide de la formule pour la dérivée d’une fonction réciproque, argsinh′(x)=cosh(argsinh(x))1=sinh′(argsinh(x))1=1+sinh2(argsinh(x))1=x2+11.
On peut en fait exprimer cette réciproque explicitement:
Lemme 14.2.
Pour tout x∈R, argsinh(x)=log(x+1+x2).
Proof
Puisque sinh est impaire, il suffit de fixer y⩾0, et de chercher l’unique x tel que sinh(x)=y.En posant t=ex, cette condition devient 2ex−e−x=2t−1/t=y, qui est équivalente à t2−2yt−1=0. Puisque le discriminant de cette équation est Δ=4(y2+1)>0, elle possède une unique solution t⩾1, donnée par t=22y+Δ=y+1+y2. On obtient x=log(t)=log(y+1+y2)⩾0.
□
Ensuite, puisque cosh est paire, on doit restreindre son domaine si on veut la rendre injective. Comme elle est strictement croissante sur R+, cosh:R+→R est injective. De plus, comme cosh(0)=1 et x→+∞limcosh(x)=+∞, on conclut que cosh:R+→[1,+∞] est bijective.
Sa réciproque se note On a donc, pour tout x>1, argcosh′(x)=sinh(argcosh(x))1=cosh(argcosh(x))2−11=x2−11. On peut aussi exprimer explicitement la réciproque: pour tout x∈[1,+∞[, argcosh(x)=log(x+x2−1).
Finalement, tanh étant strictement croissante, continue, et puisque x→−∞limtanh(x)=−1,x→+∞limtanh(x)=+1, on en conclut que tanh:R→]−1,1[ est bijective. Sa réciproque se note avec argtanh(x)=21log(1−x1+x).