Analyse I / GM

EPFL Botafogo
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3.7 Comportements polynômiaux, logarithmiques, exponentiels

3.7.1 Suites et fonctions élémentaires

Dans cette section, on compare différents types de comportements à l’infini, à savoir
  • les exponentielles de base ,
  • les puissances positives ,
  • et les logarithmes de base :
Toutes ces suites tendent vers l’infini lorsque : Pourtant, elles ne tendent pas vers l’infini à l’infini: certaines tendent vers l’infini plus vite que d’autres.
Il est donc naturel d’établir rigoureusement une hiérarchie entre ces trois comportements:
Théorème 3.4.
(Comparaison des divergences lorsque )
  1. Un exponentielle tend vers l’infini plus vite que n’importe quelle puissance: pour toute base et toute puissance ,
  2. Une puissance tend vers l’infini plus vite que n’importe quelle puissance de logarithme: pour toute base , et tous ,
Proof
1. Remarquons d’abord que si on sait traiter les cas où est entier, alors on sait aussi traiter le cas d’un quelconque. (En effet, pour tout , , donc si , avec , alors aussi.)
Pour simplifier, considérons le cas . On aimerait donc montrer que L’idée est d’utiliser la formule du binôme pour montrer que le dénominateur est plus grand qu’une puissance supérieure à . En effet, la formule du binôme avec donne Or comme tout les termes de cette dernière somme sont positifs, la somme est plus grande que n’importe lequel de ces termes. Dans notre cas, il suffit de ne garder que le terme correspondant à Ceci implique que On voit que dans ce dernier quotient, le numérateur se comporte en , alors que le dénominateur se comporte en , ce qui implique que sa limite est nulle. Plus précisément, Par le théorème des deux gendarmes, on conclut donc que .
Dans le cas général, pour une exponentielle de base et une puissance entière quelconque, on peut adapter la preuve ci-dessus. En effet, en écrivant , où , et en utilisant à nouveau la formule du binôme, on peut minorer Le reste de la preuve s’adapte facilement (voir la vidéo ci-dessus), et mène à .
Une preuve semblable de cette première affirmation, même si ça ne se voit pas tout de suite, peut se trouver ici.
2. On peut démontrer la deuxième affirmation à l’aide de la première.

Informel 3.7.Le théorème implique par exemple que Pourtant, la petitesse du quotient est difficile à observer (sur l’animation ci-dessus par exemple), dans le sens où il faut que soit vraiment très grand pour que ce quotient commence à se rapprocher de zéro...
On reviendra sur les limites étudiées ci-dessus, lorsque nous étudierons la Règle de Bernoulli-l’Hôpital.
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