Rappelons qu’une fonction f est convexe si pour toute paire de points x1<x2, et pour tout λ∈[0,1], f((1−λ)x1+λx2)⩽(1−λ)f(x1)+λf(x2). L’interprétation géométrique étant la suivante: si on choisit deux points quelconques sur le graphe de f, le segment qui les relie est entièrement au-dessus du graphe. Or on peut remarquer que lorsque f est dérivable, c’est-à-dire lorsque f′(x) est défini pour tout x, alors la convexité semble être équivalente à la croissance de x↦f′(x):
Animation explicative
Sur l’animation ci-dessus, on a une fonction qui est manifestement convexe et dérivable, et on observe que sa dérivée est croissante. Ceci implique que si la dérivée est dérivable, et si la dérivée de la dérivée, c’est-à-dire la dérivée seconde, est positive, alors la fonction doit être convexe. Plus précisément:
Théorème 9.8.
Soit I un intervalle ouvert, f:I→R deux fois dérivable sur I (f est dérivable, et f′ est aussi dérivable sur I).
Si f′′(x)⩾0 pour tout x∈I, alors f est convexe sur I.
Si f′′(x)⩽0 pour tout x∈I, alors f est concave sur I.
Proof
Il suffit de démontrer la première implication. Remarquons d’abord que comme f′′⩾0, f′ est croissante sur I. Soient x1<x2 dans I. Fixons λ∈]0,1[ et posons z:=(1−λ)x1+λx2.
On applique deux fois le théorème des accroissements finis:
Sur [x1,z]: il existe c1∈]x1,z[ tel quef′(c1)=z−x1f(z)−f(x1)
Sur [z,x2]: il existe c2∈]z,x2[ tel quef′(c2)=x2−zf(x2)−f(z)
Remarquons que comme c1<c2, et puisque f′ est croissante, f′(c1)⩽f′(c2) Donc f(z)−f(x1)f(x2)−f(z)⩽f′(c2)(z−x1)∣⋅(1−λ)=f′(c2)(x2−z)∣⋅λ En soustrayant les deux inégalités (multipliées par 1−λ et λ), on trouve f(z)−{(1−λ)f(x1)+λf(x2)}⩽f′(c2)(=0(1−λ)(z−x1)−λ(x2−z))=0. On a donc montré que f(z)⩽(1−λ)f(x1)+λf(x2).
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Exemple 9.41.
Prenons f(x)=x2 sur R. Comme f′′(x)=2>0∀x∈R, le théorème garantit que f est convexe.
Exemple 9.42.
Prenons f(x)=ex sur R. Puisque f′′(x)=ex>0∀x∈R, le théorème garantit que f est convexe.
Exemple 9.43.
Considérons maintenant f(x)=log(x), sur R+∗. Comme f′′(x)=−x21<0∀x∈R+∗, le théorème entraîne que f est concave:
Exemple 9.44.
Considérons le polynôme f(x)=x4−x2, et cherchons les intervalles sur lesquels f est convexe/concave. Puisque f est deux fois dérivable, l’étude du signe de f′′(x)=2(6x2−1) donne:
On en déduit par le théorème que:
f est convexe sur ]−∞,−1/6[,
f est concave sur ]−1/6,+1/6[,
f est convexe sur ]+1/6,+∞[.
Les points P±=(±1/6,f(±1/6)) sont des points d’inflexion: ce sont des points du graphe où la nature de la courbe change, passant de concave (resp. convexe) à convexe (resp. concave).
Quiz 9.13.1.Soit I un intervalle ouvert et borné, f:I→R. Vrai ou faux?